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Je suis vraiment pour que l’on garde ça dans Paris

Bernard Lavilliers

Je connais ce quartier de Bercy depuis bien longtemps. On se croirait dans un roman de Simonot. En plus le fait que l’on a réussi à sauver une partie de cet ancien endroit, j’aime beaucoup. C’est un cadre très sympa avec tous les artisans menuisiers qu’il y a autour. C’est une bonne idée, cela constitue un endroit de Paris que les gens connaissent pas vraiment. La grande majorité des personnes connaissent le Bercy touristique, avec tous les restaurants mais pour moi c’est ce côté là qui est le vrai Bercy. Je suis vraiment pour que l’on garde ça dans Paris, ça fait parti intégrante de la vraie ville. J’ai connu cet endroit dans les années 60, c’était encore vivant à l’époque. J’ai d’ailleurs tourné mon premier clip ici en 35 millimètres avec ma femme à l’époque qui était américaine et c’était une chanson assez longue électro. C’était une toute première en France. J’habitais place Daumesnil donc il me suffisait de traverser l’ancien pont de Tolbiac pour arriver vers ce côté de Bercy. D’ailleurs, le nouveau quartier de Bercy je ne l’aime pas trop, avec le nouveau cinéma etc., je préfère réellement cet endroit. Je pensais pas du tout que l’on avait gardé ce côté de Bercy tel quel. Cet endroit là est le mystère de Paris.

Gaëtan Chataigner

Nous sommes avec Bernard Lavilliers mais habituellement, quel type de client accueillez-vous ?

Je travaille pour pleins de chanteurs et chanteuses cela va de Julien Doré à Phillipe Katerine, Bernard Lavilliers, Julien Clerc et des groupes de rock également comme Octave Noir, ce qui englobe pas mal d’artistes.

Quel genre d’ambiance voulez-vous dégager dans vos clips?

En général, je tourne en extérieur, je suis plutôt naturaliste. J’ai choisi le StudioBercy puisque cette fois-ci la chanson parle des migrants, de leurs problèmes. Des gens qui partent de chez eux et prennent un bateau pour aller vers la mer et rejoindre peut-être l’Europe. J’imaginais mal faire un play-back de Bernard Lavilliers dans le désert marocain cela aurait été malvenu. J’ai voulu le mettre sur un fond noir, neutre. Il n’avait aucune raison, lui, d’être dans le désert. C’est un artiste occidental, il nous raconte simplement l’histoire.

Aujourd’hui est tourné le prochain clip de Bernard Lavilliers au StudioBercy, comment est-il composé ?

Pour ce clip, j’ai plein d’images que j’ai tourné au Maroc, de gens que l’on voit marcher dans le désert, qui vont vers la mer. J’ai tourné ces images la semaine dernière à l’aide de 16 figurants.
À travers ce clip on suit l’aventure de 16 personnes qui fuient la guerre, la misère. Nous avons recréé des petites scènes de fuite. On suit vraiment ce qu’est la vie de migrant, j’ai voulu reconstituer une image qui est assez proche de la réalité. D’ailleurs parmi les figurants, il y avait quelques personnes qui avaient, pour le coup, tenté de migrer vers l’Europe mais cela avait échoué pour eux. Ils s’étaient faits avoir dans le cargo qui les emmenait vers l’Espagne. On a donc pu s’appuyer sur ce qu’ils ont pu vivre.
C’est pour toutes ces raisons, qu’aujourd’hui, j’avais besoin d’un studio fond noir pour travailler sur Bernard Lavilliers afin qu’il soit assez distant des images de migrants. Je voulais qu’il nous raconte juste la chanson, à nous spectateurs.

Pour ce tournage, vous avez choisi de disposer de quel genre de caméra? 

Pour ce tournage, on a utilisé une Canon EOS 5D. Tout simplement pour des raisons de moyens, nous avons pas des budgets démentiels pour prendre d’autres caméras.
La 5D est un outil que l’on connait et maîtrise bien et qui était facilement transportable pour aller au Maroc.
J’ai surtout eu la chance d’avoir un très bon chef opérateur.

Pouvez-vous me donner des références de clips qui vous rend le plus fier?

Ce sont tous les clips pour Philippe Katerine, on travaille ensemble depuis longtemps. Et également celui qui a été le plus vu de l’artiste Julien Doré: Paris Seychelles.

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