86 Rue Baron Leroy 75012 Paris
0143201162

D’aprés JDD? Hidalgo refléchi pour Bercy-Charenton?

La nouvelle citée des 4000 à Paris sur les bords de seine à Paris 12 ne verra peut pas le jour dans les plans d’Hidalgo, la déforestation de plus de 250 arbres de l’espace léo la Grange non plus et la conservation du seul centre de la logistique écologique de Paris ( le tunnel des artisans) non plus.

Mais c’est d’aprés le JJD et la mairie de Paris, nous attendons toujours l’enquête qui n’a toujours pas était rendu publique…

Un nouveau gratte-ciel de 180m de haut entouré de cinq autres tours de plus de 50m, des dizaines d’immeubles d’habitation et de bureaux, des hôtels, des commerces, un collège, trois écoles, des crèches et un gymnase reliés par des rues, des allées, une passerelle et des espaces verts qui n’existent pour l’instant que sur le papier… Le futur quartier – mixte – de Bercy-Charenton, véritable morceau de ville dans le sud du 12e arrondissement de Paris, peut désormais sortir de terre. Le JDD dévoile les conclusions et l’avis – favorable – de la commission d’enquête publique. Ce rapport de 25 pages va permettre à la Ville de créer une ZAC (zone d’aménagement concerté), d’acquérir le foncier auprès de la SNCF, de modifier le plan local d’urbanisme (PLU), de programmer les équipements publics et de désigner l’aménageur (la Semapa). Autant d’étapes décisives qui feront l’objet d’une délibération au Conseil de Paris fin 2017.

Trois réserves et quatre recommandations

Le site de 80 hectares – dont 20 « aménageables » – est délimité par Bercy Village au nord et le périphérique au sud, par la Seine à l’ouest et le bois de Vincennes à l’est. Il est traversé par l’immense faisceau ferré de la gare de Lyon – le plus important d’Europe –, mais aussi par le boulevard Poniatowski, la petite ceinture et l’échangeur autoroutier de l’A4. L’aménagement sera rendu possible par le déplacement d’activités ferroviaires et logistiques. « C’est un vide urbain hostile, inaccessible, infranchissable, sur lequel va émerger un projet d’envergure considérable », décrit la maire PS du 12e, Catherine Baratti-Elbaz. « L’une des dernières grandes emprises foncières de la capitale, transformée en porte d’entrée monumentale du Grand Paris, en vis-à-vis de Paris rive gauche et les tours Duo de Jean Nouvel [180m également] de l’autre côté du fleuve… ça aura de la gueule! », renchérit Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris chargé de l’urbanisme.
Les travaux doivent démarrer en 2019, pour s’achever « avant 2030 ». Mais la ZAC Bercy-Charenton découvrira son nouveau visage au fur et à mesure, à commencer par le prolongement de la rue Baron-Le-Roy jusqu’à Charenton-le-Pont. Au total, pas moins de 600.000m2 de planchers doivent être bâtis, dont la moitié réservés à l’habitat (4.000 logements, dont 60% sociaux), le reste étant dédié aux bureaux (215.000m2), équipements publics, commerces, hôtels et autres activités logistiques branchées sur le réseau ferré. Le nouveau quartier abritera ainsi 9.300 nouveaux habitants et 13.400 salariés. Un jardin public de 2 hectares est prévu au-dessus de la gare de la Rapée inférieure. De même qu’une végétalisation du « plat de nouilles » autoroutier. Ou encore des liaisons piétonnes nord-sud, est-ouest et le long du fleuve. Et même une passerelle au-dessus des rails. Le tout pour un budget qui dépassera le milliard d’euros dont un tiers consacré à l’achat du terrain à la SNCF.

« Intérêt général évident »

L’enquête publique s’est déroulée de mi-novembre à mi-décembre 2016. Quelque 234 observations ont été consignées dans les registres, et la réunion publique du 30 novembre a réuni 350 personnes. Des échanges ont eu lieu entre la commission d’enquête et la mairie entre janvier et avril 2017, comprenant « 264 questions et contre-propositions » d’un côté, « commentaires techniques » de l’autre. Dans leur rapport daté du 9 juin, les commissaires enquêteurs passent en revue les « avantages et les inconvénients » du projet municipal, estimant au final que les premiers « dépassent nettement » les seconds, confirmant « l’intérêt général évident » de l’opération. Ils émettent donc un « avis favorable »… assorti toutefois de trois réserves et quatre recommandations.
La première réserve concerne le secteur Léo-Lagrange, coincé entre les voies ferrées et le bois de Vincennes. Deux pétitions ont été lancées pendant l’enquête par les riverains hostiles à la construction de 357 logements (25.000m2) empiétant sur le stade Léo-Lagrange, le long du boulevard Poniatowski. La commission d’enquête admet la « nécessité de créer un collège », mais fustige l’idée d’un « front bâti de 250m de long », ainsi que « l’imperméabilisation du secteur sur près de 2 hectares et l’abattage de 232 arbres ». Ce projet mettrait en cause, selon elle, la « perception paysagère de l’entrée du Bois » ; elle demande son « abandon ». La mairie accepte de se plier à cette injonction, même si elle n’y est pas obligée. « Cette commission d’enquête a fourni un travail sérieux, intelligent et équilibré ; ce qui donne envie de la suivre », note en souriant Jean-Louis Missika. « Nous construirons ces 357 logement ailleurs sur la ZAC », ajoute Catherine Baratti-Elbaz.
La deuxième réserve porte sur le patrimoine industriel : « La commission n’est pas entièrement convaincue [par] la démolition des voûtes 5 et 6 de la gare inférieure de la Rapée, et de la façade ouest avec sa succession spectaculaire d’arcades et son chemin de ronde », indique le rapport. Là encore, la mairie accepte la prescription. « On préfère nettement ne pas démolir les voûtes ; c’est possible, si on utilise des matériaux légers, comme le bois », précise le maire adjoint. Enfin, troisième réserve : « Ne pas localiser des immeubles d’habitation ou des établissements sensibles [crèches, écoles] dans une bande de 50m longeant le boulevard périphérique. » Même réponse des élus municipaux : « Aucun problème! » Des bureaux s’y implanteront et feront office de murs antibruit pour les habitations.

L’architecte Richard Rogers, Prix Pritzker 2007

En revanche, les « recommandations » ne sont pas toutes accueillies avec enthousiasme. La commission d’enquête préconise, par exemple, de « plafonner le pourcentage de logements sociaux à 50% [au lieu des 60% prévus] ». L’édile du 12e remarque que cela « ne correspond pas au texte voté au Conseil de Paris ». Et de pointer que, dans son arrondissement, « les logements neufs sortent à 12.500 euros/m2 ». Jean-Louis Missika rappelle que « 80% des Parisiens sont éligibles au logement social », qu’il faut bien respecter la loi SRU et que ces habitations seront « bien réparties » dans la ZAC.
Autre recommandation : « Mieux apprécier l’impact » des futurs immeubles de grande hauteur sur le paysage du Grand Paris. Le rapport souhaite que l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) réalise « rapidement » une « modélisation 3D » étendue à l’ensemble du territoire métropolitain. De « nombreuses réactions et contestations » se sont exprimées au cours de l’enquête au sujet des six tours s’élevant en escalier jusqu’à 180m de haut. Mais la commission « comprend » le choix de la densité. Selon la Ville, l’architecte britannique Richard Rogers (Prix Pritzker 2007, concepteur, avec Renzo Piano, du Centre Pompidou), chargé de l’aménagement de la ZAC, veillera « évidemment » à la silhouette urbaine de part et d’autre de la Seine. Quant aux ombres portées des tours, elles seront orientées vers les voies de chemin de fer.
Reste la question des risques d’embouteillages et de saturation des transports en commun. « La commission d’enquête recommande que soit menée rapidement une étude de modélisation et de simulation dynamique des flux. » En outre, une nouvelle station du tramway T3 pourrait être créée « entre les arrêts Avenue-de-France et Baron-Le-Roy », dixit le rapport. Catherine Baratti-Elbaz se veut rassurante : « Quand la ZAC sera terminée, le Grand Paris Express sera en circulation, et les stations de la ligne 14 auront été agrandies. » Jean-Louis Missika, lui, « espère qu’il y aura zéro parking pour n’attirer que des habitants sans voitures ». Les sujets polémiques n’ont pas fini d’éclore autour de Bercy-Charenton. La droite parisienne continuera de réclamer la couverture – onéreuse – du réseau ferré. Les écologistes s’opposeront aux tours. Mais le nouveau quartier est maintenant sur les rails.

Lien de l’article: JDD

Leave a reply